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Fire Down Below, ou le trottoir vu par la Divine Miss M

Dernière mise à jour : il y a 3 jours



À l’origine, Fire Down Below n’est pas une chanson de Bette Midler. Elle est signée Bob Seger et publiée en 1976 sur son album Night Moves. Dans cette chanson, Seger observe le monde de la prostitution. Les clients passent, riches ou pauvres, puissants ou invisibles. Une seule chose les rassemble : le feu d’en bas.


Le morceau fait grincer quelques dents à l’époque. Seger, lui, parle d’un simple constat. Fire Down Below ne sortira pas en single et vivra sa vie sur les radios rock, puis deviendra un favori de concert, parce qu’il est direct, charnel, sans fard.


Et puis arrive Bette Midler.


Elle chante Fire Down Below pour la première fois dans le film The Rose, entourée de performeurs drag, de Diana Ross (incarnée par le chanteur Sylvester) à Barbra Streisand, Mae West et même Rose elle-même. La scène est mémorable, délirante. Le personnage cité dans la chanson s’appelle d’ailleurs Rose, comme un clin d’œil involontaire (ou pas).

A ce moment-là dans le film, elle s’est enfuie avec un ancien soldat, chauffeur de limousine (Frederic Forrest) qu’elle emmène dans une folle virée nocturne, pendant laquelle est reçue comme une reine dans ce cabaret.



Et pourtant, la chanson disparaît du disque officiel de la bande originale. Un choix étrange, tant le morceau colle au personnage. Il faudra attendre Divine Madness, en 1980, pour retrouver le titre sur un album.


Divine Madness est un objet à part. À la fois film de concert, album live et résumé de tournée. Rien n’y est simple. Les morceaux du film ne correspondent pas exactement à ceux du disque. Certains disparaissent, d’autres apparaissent. Les versions sont parfois retravaillées en studio. Bref, c’est un joyeux bazar. Mais un bazar à l’image de Bette Midler, qui contrôle désormais sa carrière, ses choix et ses excès aussi. Pour ma part, c’est grâce à ce film, sorti juste après The Rose, que j’ai découvert la Midler performeuse et artiste de cabaret.


Dans le contexte du spectacle, Fire Down Below est une respiration rock. Après le swing, avant le blues, entre deux numéros spectaculaires, le morceau impose un groove poisseux, une énergie nocturne avec une pêche incroyable. Midler y joue tous les rôles à la fois. La chanteuse, la narratrice, la silhouette qui passe sous un réverbère.


À ce moment précis de sa carrière, elle sort du triomphe de The Rose, le film qui l’a installée définitivement comme actrice majeure et chanteuse capable d’émotion brute. Divine Madness capture toutes les autres facettes de l'artiste, capable de passer de Tom Waits à Bob Seger, de la comédie à la tragédie, du clin d’œil au coup de poing.


Fire Down Below sortira même en single en Europe en 1981, dans une version studio inédite, sans devenir un tube. Aujourd’hui, le titre reste une curiosité dans son répertoire. Il montre une Midler sans paillettes superflues, juste une femme sur scène, un groove dans le corps, et cette certitude qu’elle peut tout chanter. Surtout le feu d’en bas.



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