"The original soundtrack" - 10cc, les clés de l’album.
- L'Agent Secret des Chansons

- il y a 2 jours
- 3 min de lecture
Les repères essentiels pour comprendre l’album en 2 minutes.

CARTE D’IDENTITÉ
Titre officiel | The original soundtrack |
Artiste | 10cc |
Date de sortie | Mars 1975 |
Contexte | Troisième album, enregistré au Strawberry Studios; signature d’un contrat record d’un million de dollars avec Mercury après écoute de I’m not in love |
Styles dominants | Art pop / rock progressif / pop expérimentale |
Label | Mercury Records |
Producteurs clés / collaborations | 10cc (Eric Stewart à l’ingénierie), pochette signée Hipgnosis |
LE MOMENT DANS LA CARRIÈRE
En 1975, 10cc est un laboratoire pop au sommet de sa créativité.
Après les deux premiers albums 10cc et Sheet Music, le quatuor (Stewart, Gouldman, Creme, Godley) maîtrise totalement l’outil studio. Ils écrivent, produisent, arrangent tout eux-mêmes.
Lors de la signature du contrat avec Mercury, l’album est déjà presque terminé. Il aura fallu plus d’un an de travail.
C’est le moment où 10cc passe du statut de groupe culte intelligent à celui de poids lourd international.
LES TITRES ESSENTIELS
One night in Paris : mini-opéra pop en trois actes, satire théâtrale entre music-hall et proto-Queen. Huit minutes de comédie noire et d’harmonies vertigineuses.
I’m not in love : anti-chanson d’amour devenue standard planétaire. Six minutes suspendues sur un océan de voix superposées.
Life is a minestrone : hit ironique et absurde, manifeste du génie britannique : drôle, sophistiqué, imparable.
The second sitting for the last supper : rock mordant, satire religieuse et guitares nerveuses.
CE QUI DISTINGUE L’ALBUM
D’abord, le studio. 10cc l’utilise comme un instrument total. I’m not in love est construit presque uniquement sur des nappes vocales multipliées à l’extrême.
Ensuite, l’écriture : intelligente sans être prétentieuse, ambitieuse sans perdre le sens de la mélodie.
Il y a un fil rouge : le cinéma. Le titre n’est pas anodin. Chaque morceau semble être la bande-son d’un film imaginaire.
ACCUEIL ET IMPACT
Succès critique et commercial : N°3 au Royaume-Uni, Top 15 aux États-Unis.
I’m not in love devient N°1 UK et N°2 US, leur plus grand succès international. L’album est certifié or au Royaume-Uni et en Australie.
Il s’impose comme l’un des grands disques d’art pop des années 70, souvent cité aux côtés de A night at the Opera de Queen.
SECRETS ET ANECDOTES
I’m not in love contient des centaines de pistes vocales superposées (246 exactement), une prouesse technique artisanale avant l’ère numérique.
One night in Paris est souvent comparé à Bohemian rhapsody sortie la même année. Certains pensent même qu’elle l’a influencée.
Le groupe produisait et enregistrait dans son propre studio (Strawberry Studios) : indépendance artistique totale.
La pochette a été conçue par Hipgnosis, un collectif d’artistes qui a créé des pochettes pour Pink Floyd, Yes, Genesis et Led Zeppelin.
POURQUOI L’ÉCOUTER ?
Parce que c’est l’équilibre parfait entre intelligence et plaisir.
Parce qu’aucune note n’est laissée au hasard.
Parce qu’il prouve que la pop peut être sophistiquée sans perdre son âme.
Et parce que derrière l’humour britannique se cache un des albums les plus inventifs de 1975.
L’AVIS DE L’AGENT SECRET
J’ai découvert les albums de 10cc bien après leur sortie, et la claque fut monumentale. Derrière le tube de mon adolescence (I’m not in love), se cachait en fait toute une production inventive.
Entre 1974 et 1978, ils ont signé des disques au niveau des plus grands, dans une indifférence en France presque totale.
Trop intelligents pour être classés, trop drôles pour être pris au sérieux. Mission personnelle : réhabiliter 10cc !



Commentaires