"The dog stars" : quand Caamp remet un peu de musique dans un monde sans lendemain.
- L'Agent Secret des Chansons

- il y a 21 heures
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Adapté du roman de Peter Heller publié en 2012, The dog stars nous projette dans un futur où une pandémie a pratiquement rayé l’humanité de la carte. Hig (Jacob Elordi), survit dans le Colorado avec Bangley, un ancien militaire joué par Josh Brolin, et Jasper, son fidèle chien.
Hig est pilote. Bangley est tireur d’élite. Mais Hig possède quelque chose que Bangley semble avoir perdu en chemin : l’espoir.
Lorsqu’il capte un mystérieux signal radio, il décide de partir à la recherche d’autres survivants. Et cette quête va progressivement le conduire vers Cima (Margaret Qualley), puis vers une autre possibilité de vie.
La musique accompagne cette idée. Dans un univers où les radios, les avions et les voix humaines sont devenus des vestiges d’une civilisation disparue, entendre une chanson revient presque à retrouver quelqu’un.
Hozier ouvre et referme le film
Le choix de Like real people do de Hozier est particulièrement révélateur. La chanson ouvre le film avant de revenir à la fin, comme une sorte de parenthèse musicale qui encadre le récit. Le morceau, paru en 2013 sur l’EP Take me to church, possède cette douceur acoustique et cette intimité qui nous embarque au début du film dans une destination sereine.
La chanson rappelle que derrière les armes, les ruines et les paysages désertés, il reste des êtres humains capables de ressentir, d’aimer et de se souvenir.
Puis arrive Van Morrison avec Tupelo honey. Sorti en 1971, le morceau apporte une chaleur presque domestique à cette histoire de survie. On pourrait croire que Ridley Scott s’est demandé ce qui arriverait si l’on faisait écouter les meilleures chansons de la civilisation disparue à ceux qui doivent désormais reconstruire la suivante.
Et il faut reconnaître que l’idée est plutôt bonne.
Et puis il y a By and By
Mais le moment le plus touchant appartient à Caamp.
Lorsque Hig rencontre Cima, elle lui explique qu’elle regrette la musique et la danse. Hig lui fait alors écouter By and by au casque.
Voilà une scène toute simple. Juste deux personnes qui écoutent une chanson.
Parce que By and by parle précisément de ce qui manque à Hig : quelqu’un à qui parler, quelqu’un à écouter, quelqu’un auquel penser. La chanson évoque le temps qui passe, la solitude, le souvenir d’une femme et le désir de retrouver une forme de proximité. Elle possède ce mélange de mélancolie et de chaleur qui semble avoir été taillé sur mesure pour cette rencontre.
Sortie en 2019, By and by est la chanson-titre du deuxième album de Caamp. Le groupe américain, originaire de l’Ohio, y joue un folk acoustique très organique, quelque part entre chanson de route, americana et indie folk.
Hig et Cima vivent dans un monde où l’avenir est devenu une notion franchement ambitieuse. Pourtant, By and by parle du temps qui viendra. Du retour à la maison. De l’attente. De la possibilité qu’une relation survive aux kilomètres, aux années et aux épreuves.
Autrement dit, dans un film qui se demande constamment si l’humanité mérite encore d’exister, Caamp glisse discrètement une chanson qui dit : peut-être que oui.
Une bande-son entre passé et futur
Le reste de la sélection poursuit cette logique.
Memories are made of this par Dean Martin introduit évidemment la mémoire. Le titre pourrait difficilement être plus explicite. Dans ce monde nouveau, les souvenirs du monde ancien deviennent une sorte de patrimoine.
Charmaine, dans la version de Jack Nitzsche, ajoute une autre couleur vintage. Fly me to the moon (In other words), écrit par Bart Howard et chanté ici par Allison Janney, joue lui aussi avec cette idée d’un imaginaire appartenant à une époque disparue.
Et puis il y a The long black veil, interprété par les Chieftains avec Mick Jagger. Une chanson presque fantomatique, qui semble parfaitement à sa place dans cet univers où les morts sont partout et où les vivants cherchent encore une raison de continuer.
La bande originale composée par Harry Gregson-Williams vient compléter ces chansons avec une partition qui accompagne les moments de tension, les vols de Hig, les rencontres et les paysages dévastés. Un album de 17 morceaux issus de cette partition est sorti parallèlement à la sortie du film.
La musique comme dernier refuge
Ce qu'on aime dans cette bande-son ici à l'Agent Secret des Chansons, c’est finalement son absence de démonstration.
Une émotion.
Un souvenir.
Une envie de danser.
Et peut-être même l’idée qu’un monde différent est encore possible.
Après tout, à quoi sert de survivre si c’est pour ne plus jamais écouter de musique ?
C’est probablement l’une des belles idées de The dog stars. Dans un univers où l’humanité semble avoir disparu, quelques chansons suffisent encore à rappeler ce qu’elle était.
Et parmi elles, By and by de Caamp arrive comme une petite lumière folk dans un paysage où il ne reste plus grand-chose.
Finalement, il fallait peut-être bien une chanson qui parle de demain pour accompagner un film qui ne sait plus très bien s’il y en aura un.



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