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The Boys : pourquoi "Piano Man" de Billy Joel est la meilleure chanson pour clore la série.



Quand on pense à The Boys, on imagine des super-héros incontrôlables, des explosions de violence, des litres de sang et des situations tellement absurdes qu'elles donnent parfois l'impression qu'un scénariste a accepté un défi lancé à trois heures du matin.


On pense moins à Billy Joel.


Et pourtant, au fil des saisons, le chanteur new-yorkais est devenu l'une des présences musicales les plus constantes de la série, jusqu'au dernier épisode, avec Piano Man. Une chanson qui agit presque comme le point final d'une histoire commencée plusieurs années plus tôt.


Depuis son lancement, The Boys s'est distinguée des autres séries de super-héros par son ton unique. Irrévérencieuse, souvent provocatrice, elle n'oublie jamais d'être drôle. Même dans ses moments les plus sombres, elle conserve ce sens du décalage qui la rend tout de suite reconnaissable.


Et sa bande-son participe bien sûr à cette identité.


Au début, la série a privilégié souvent des morceaux énergiques, parfois agressifs. Une sélection qui accompagnait parfaitement l'univers de Homelander et de ses semblables. Le spectateur était plongé dans un monde où les super-héros sont moins des sauveurs que des célébrités narcissiques sous stéroïdes.


Puis quelque chose a changé progressivement. Pas la violence, The Boys reste The Boys. Mais les personnages gagnent en profondeur. Les blessures apparaissent. Les contradictions aussi.


La musique suit le mouvement. Le showrunneur Eric Kripke commence à multiplier les choix inattendus : ballades romantiques, tubes pop surgissant au milieu du chaos, chansons douces accompagnant une scène particulièrement dérangeante.


C'est l'une des grandes forces de la série : faire rire, émouvoir et mettre mal à l'aise en même temps.


Par exemple on retrouve I'm not in love de 10cc, God only knows des Beach Boys, Goodbye yellow brick road d'Elton John ou encore Baby one more time de Britney Spears. Des morceaux très différents mais qui participent tous à cette impression de décalage permanent.


Au milieu de cette playlist géante, Billy Joel occupe une place particulière. Car Hughie est un des seuls personnages de The Boys sans pouvoirs à posséder un véritable fil rouge musical.


Dès la première saison, plusieurs chansons du chanteur apparaissent régulièrement dans son environnement. Big Shot ouvre le bal. Puis viennent entre autres We Didn't Start the Fire, Only the Good Die Young, Uptown Girl ou encore Goodnight Saigon.


Au départ, cela ressemble à un simple clin d'œil. Puis on comprend qu'il s'agit de quelque chose de plus profond. Billy Joel représente une forme de normalité dans un univers qui ne l'est plus depuis longtemps.


Alors que Hughie se retrouve entraîné dans une guerre opposant super-héros, psychopathes, et multinationales, ces chansons lui rappellent qu'il appartient encore au monde réel.


Et Billy Joel représente bien davantage qu'un simple goût musical pour lui. Lorsqu'il était enfant, sa mère organisait de petites soirées où ils dansaient ensemble sur les chansons du chanteur new-yorkais. Puis un jour, elle est partie. Brutalement. Laissant Hughie et son père se débrouiller seuls.

Des années plus tard, ces chansons sont devenues des capsules de mémoire. Elles lui rappellent une époque heureuse, avant la rupture. Elles expliquent aussi une part essentielle de sa personnalité : Hughie a grandi avec l'idée qu'il fallait être présent pour les autres, précisément parce que quelqu'un d'important n'avait pas été là pour lui.


Ce n'est donc pas un hasard si plusieurs chansons de Billy Joel accompagnent ses moments de doute ou de remise en question. Dans You're Only Human, notamment, Hughie semble trouver un écho à son propre parcours : celui d'un homme ordinaire qui refuse d'abandonner malgré les coups du sort. Derrière le clin d'œil musical se cache quelque chose de beaucoup plus intime.


C'est ce qui rend l'arrivée de Piano Man évidente et touchante.


Sortie en 1973, la chanson raconte les histoires ordinaires de personnages réunis autour d'un pianiste de bar, une expérience réelle du chanteur. Des anonymes, des rêveurs, des gens qui tentent simplement de traverser leur existence du mieux possible.



À première vue, rien ne semble plus éloigné de l'univers de The Boys. Et pourtant, c'est exactement l'inverse.

Car derrière les pouvoirs démesurés, les complots et les explosions, la série parle surtout d'êtres humains confrontés à leurs peurs, à leurs échecs et à leurs espoirs.


C'est peut-être pour cela qu'ici, à L'agent secret des chansons, on trouve que Piano Man a parfaitement sa place dans cet univers. Elle ramène l'histoire à une échelle plus humaine, à ce qui compte réellement. Et c'est finalement ce que Hughie a toujours représenté : l'homme ordinaire perdu au milieu des monstres.


Contrairement à beaucoup d'autres séries, The Boys ne possède pas de générique musical. La série a fait un autre choix. Construire son identité sonore à travers ses chansons. Du rock musclé des débuts aux sélections plus éclectiques des saisons récentes, elle a créé une bande-son capable de passer des Spice Girls à Elton John, de Christopher Cross à Téléphone, sans jamais perdre sa cohérence.


Et la preuve qu'au milieu du vacarme, des super-pouvoirs et du chaos, il restait encore une place pour Billy Joel et son vieux piano.


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