Game of Thrones - « The Rains of Castamere » : la chanson la plus redoutée de Westeros.
- L'Agent Secret des Chansons

- il y a 2 jours
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Dans la plupart des séries, lorsqu'un musicien commence à jouer, les personnages se détendent.
Dans Game of Thrones, il arrive qu'ils aient plutôt intérêt à courir.
Parmi toutes les chansons entendues au cours des huit saisons, aucune n'a laissé une empreinte aussi profonde que The Rains of Castamere. À première écoute, le morceau ressemble pourtant à une simple ballade médiévale. Une vieille chanson racontant une guerre oubliée, un seigneur rebelle et une victoire militaire.
Mais à Westeros, les chansons sont rarement innocentes. Et celle-ci est probablement la plus dangereuse de toutes.
Comme beaucoup de spectateurs, j'ai découvert Game of Thrones dès ses débuts. Très vite, la série s'est installée dans mon trio personnel des grandes œuvres télévisées.
Durant près de dix ans (même jusqu’à la fin pour moi, avec la dernière saison controversée), la série a réussi un exploit devenu rare : faire de chaque épisode un événement. Avec batailles spectaculaires, dialogues brillants, personnages imprévisibles. Mais derrière les dragons, les trahisons et les couronnes, il y avait aussi une bande sonore redoutable.
The Rains of Castamere est d'abord une chanson de propagande.
Dans l'univers créé par George R. R. Martin, elle raconte comment la maison Lannister a écrasé une famille vassale qui avait osé défier son autorité. Le message est simple : ne vous opposez jamais aux Lannister.
Sous ses airs de légende médiévale, la chanson fonctionne donc comme une menace.
Au fil des saisons, la chanson apparaît à plusieurs reprises. Chaque apparition agit comme un avertissement. Puis arrive l'épisode des Noces Pourpres qui va faire entrer la série dans l'histoire de la télévision.
Sans révéler inutilement les détails à ceux qui auraient miraculeusement échappé à tous les spoilers depuis plus de dix ans (et dans ce cas-là, ne regardez pas jusqu'au bout la vidéo ci-dessous), disons simplement que The Rains of Castamere y joue un rôle déterminant.
La chanson surgit discrètement, les premières notes s’installent, une tension étrange apparaît.
Et soudain, tout bascule.
Rarement une œuvre audiovisuelle aura utilisé la musique avec une telle efficacité. La chanson ne se contente pas d'accompagner la scène, elle en devient un élément central. Elle annonce le danger avant même que les personnages ne comprennent ce qui est en train de se passer.
La musique a été composée par Ramin Djawadi, spécialement pour la série. C’est la version orchestrale qu’on entend dans cet épisode (avec une apparition de Will Champion, le batteur de Coldplay, parmi les musiciens!), alors qu’il s’agit de la version du groupe de rock indie américain The National dans les épisode précédents et celle du groupe islandais Sigur Ros dans la saison suivante.
Mais après cet épisode, il devient impossible d'entendre The Rains of Castamere de la même façon.
Quelques notes suffisent, le cerveau fait le reste.
Tous les extraits d'épisode où la chanson apparaît.
La série doit également beaucoup au travail exceptionnel du compositeur, Ramin Djawadi. Son talent ne se limite pas à cette chanson. Au fil des saisons, il construit une identité musicale tout de suite reconnaissable.
Parmi ses réussites figure Light of the Seven. Ce morceau de 10 mn accompagne un épisode culte : le final de la saison 6. Pour la première fois, Djawadi introduit un piano au premier plan, créant une atmosphère inhabituelle et inquiétante. Les scènes s’enchaînent quasiment sans paroles, jusqu’au final destructeur. Le résultat est hypnotique.
Autre moment marquant : Jenny of Oldstones, interprétée dans la série puis reprise par Florence + The Machine. Cette vieille chanson de Westeros apporte une parenthèse de mélancolie avant l'une des batailles les plus attendues du récit. Derrière les chevaliers, les dragons et les prophéties, elle rappelle que Game of Thrones parle aussi de mémoire, de nostalgie et des histoires que l'on se transmet pour ne pas oublier.
Enfin, le générique.
Le thème principal composé également par Ramin Djawadi est devenu l'un des plus célèbres du XXIe siècle. Chaque épisode s'ouvrait sur cette carte animée de Westeros dont les mécanismes semblaient sortir d'une gigantesque horloge médiévale. Les villes apparaissaient, les frontières évoluaient, le monde prenait vie sous nos yeux.
À une époque où tout le monde appuie sur le bouton « passer l'introduction », Game of Thrones a réussi à donner envie aux spectateurs de regarder le générique jusqu'au bout.
Comme The Rains of Castamere, il est devenu bien plus qu'une musique.
Il est devenu une porte d'entrée vers un monde où l'on savait une chose avec certitude.
Personne n'était à l'abri.
Et surtout pas lorsqu'une chanson mystérieuse commençait.



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