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Desperate Housewives : pourquoi « Wonderful Wonderful » résume parfaitement Wisteria Lane.


Wisteria Lane est probablement l’un des endroits les plus trompeurs de la télévision.

Les pelouses sont impeccables. Les maisons parfaitement alignées. Les sourires soigneusement entretenus. Et pourtant, derrière chaque porte d’entrée, quelque chose se fissure.


Dans Desperate Housewives : le vernis ne tient jamais très longtemps.

C’est pour ça que la musique de la série est si importante. Elle ne souligne pas seulement les émotions. Elle les déguise.

Comme si tout allait bien.

Jusqu’au moment où évidemment, rien ne va plus du tout.


Et à la toute fin de la série se trouve une chanson qui, à elle seule, semble la résumer dans son ensemble : Wonderful Wonderful de Johnny Mathis.

Une chanson douce, presque irréelle, utilisée dans un moment clé de la dernière saison, alors que les vies de Gabrielle, Bree, Lynette et Susan arrivent à un point de bascule.


À première écoute, c'est une ballade classique, élégante, presque datée. Mais dans Desperate Housewives, ce type de douceur arrive toujours un peu trop tard.

Ou juste avant quelque chose de tragique.

Contrairement à d’autres œuvres où la musique accompagne l’action, ici elle crée un décalage permanent. Une ironie douce-amère qui traverse les saisons.



Parfois, ce décalage prend une forme comique. Comme lorsque Susan se met à danser sur Car Wash de Rose Royce dans une scène d’hôpital aussi absurde que touchante. D’autres fois, la musique devient carrément inquiétante.

Dans une scène mémorable, la chorale de Wisteria Lane interprète Silent Night tandis que Gabrielle et Lynette se disputent au milieu, quelques instants avant une catastrophe imminente.

Même les chansons romantiques ne sont jamais totalement rassurantes. Here I Am de Al Green accompagne une histoire d’amour fragile, tandis que Don’t Give Up on Us de David Soul prend une tournure beaucoup plus dérangeante dans le contexte de Bree et George.


Et puis il y a le générique. Impossible de parler de la série sans évoquer le travail de Danny Elfman. Le thème principal de Desperate Housewives est immédiatement reconnaissable. Quelques notes suffisent pour faire surgir l’univers entier de Wisteria Lane : une musique légère, presque ludique, construite autour d’un pizzicato joueur, mais constamment traversée par une tension sous-jacente.


Les références à l’histoire de l’art, les peintures détournées, les personnages féminins figés dans des poses domestiques idéalisées… tout y est.

Et surtout, cette idée centrale : la vie parfaite n’existe pas, elle se met en scène.

C’est cette tension permanente entre apparence et réalité qui fait le lien entre le générique et les chansons utilisées dans la série.


Qu’il s’agisse de Car Wash, de Amazing Grace lors de l’enterrement de Mike, ou de Non, je ne regrette rien chantée dans un moment d’intimité trompeuse, chaque morceau vient fissurer un peu plus l’illusion.

Mais aucun ne le fait avec autant de douceur que Wonderful Wonderful.


Elle accompagne la fin d’une histoire, sans jugement, sans emphase, comme un dernier regard posé sur Wisteria Lane.

Et à L'Agent Secret des Chansons, on pense que peut-être c'est ça le vrai génie de Desperate Housewives.

Laisser entendre que quelque chose, derrière les rideaux parfaitement tirés, est toujours en train de se jouer.

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